La fin de l'Autriche-Hongrie... 2/2

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La fin de l'Autriche-Hongrie : une victoire des nationalités ?
Institut hongrois | colloque
Intervenant : Jean-Paul Bled, Professeur émérite, Université Paris 4

Durant la Première Guerre mondiale, la question nationale prend dans l'empire des Habsbourg une dimension nouvelle. Longtemps considérée comme un facteur d'équilibre en Europe, la monarchie des Habsbourg était jusque-là considérée comme un élément nécessaire, dont la préservation allait dans l'intérêt des puissances. Progressivement, les décideurs de l'Entente finissent par envisager un possible démantèlement de la monarchie en plusieurs entités nationales, nouvelles pour certaines. Parallèlement la guerre se prolonge et la situation de l'Empire -- économique surtout -- s'aggrave, bien que le front tienne toujours. L'effondrement de la monarchie des Habsbourg et son remplacement par des États successeurs a été représenté dans la plupart d'entre eux comme un triomphe des nationalités sur un Empire obsolète, oppresseur et catholique qui ne correspondait plus au Zeitgeist.  Or la victoire des nations se révèle bien plus complexe que sa présentation par la propagande (par-delà l'entre-deux-guerres et l'après 1945, tous régimes confondus).
Le colloque a pour but de faire le point sur la question nationale à la veille, durant et à la fin de la guerre. Peut-on parler en effet d'une « victoire des nations » et d'une « défaite de l'idée supranationale » ? Les projets fédéralistes qui  naissent dans l'entre-deux-guerres ne sont-ils pas révélateurs de la nécessité pour certains de revenir à une communauté de destins ? Les traces de la « victoire » chez certains et de la « défaite » chez d'autres sont encore durables et ont imprégné le discours depuis lors. Les participants réfléchiront également sur cette empreinte, tant dans l'historiographie que dans la mémoire collective. Coordinatrice : Catherine Horel (CNRS)
Avec la participation (parmi d'autres) : Franjo Šanjek, Jean-Paul Bled, Armando Pitassio, Ignác Romsics, Ulrike Harmat, Antoine Mares, Tomasz Schramm, Traian Sandu, Edi Miloš, Dubravka Stojanović, Božo Repe, Étienne Boisserie.

💬 Comments
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Les exposés dans la première et seconde présente partie sont interessants. Cela rappelle entre autres, le thème abordé par l'inoubliable Josef Roth (kapuziner Gruft, Radecky March..) avec le fait de s'inscrire dans l'armée Austro-Hongroise (Kakanie comme l'appelaient ironiquement certains ..) afin de vivre une forme de promotion au sein de la Monarchie A-H. Cette "promotion" dépendait aussi de la nationalité du soldat ou de l'officier..Cependant, il s'agit (comme souvent) d'exposés militaires, politiques, voir diplomatiques. . Comme souvent également, on "évite" les raisons d'origine financières et bancaires.. Il faut rappeler que depuis la fin du dix-neuvieme siècle (après 1870), la plupart des banques centrales européennes avaient poussê les différents gouvernements monarchiques et autres à maintenir leurs armées en activité. . Rappelons aussi que deux puissantes familles bancaires existant encore aujourd'hui (je ne les citerai pas..) avaient participé financièrement dans les Guerres Balkaniques. . L'argent n'est-il pas comme cela est souvent évoqué, le "nerf de la guerre"? La plupart des gouvernements européens dependaient déjà des puissantes banques centrales.. Bien avant cela, il faut se rappeler que Guillaume d'Orange (au17 e siècle si je me rappelle bien) avait été placé sur le trône par la puissante Banque d'Angleterre et d'Amsterdam ( devenue moins importante depuis Cromwell).. Bismarck était liè a la Banque Gontard.. Napoleon avait, lui, reçu le soutien financier de la Banque Montagüe.. Alors, pourquoi n'evoque-t-on cela que trop peu..? Les universitaires ont-ils peur? ou estiment-ils que ce volet est mineur? Les grandes familles bancaires pouvaient déjà faire et défaire les gouvernements.. La monarchie Austro-Hongroise ainsi que l'Empire russe apparaissaient comme étant trop archaîques et pas assez condescendants vis à vis des grandes dynasties bancaires. . Bernard Baruch, fameux speculateur et banquier du début du 20e siècle avait d'ailleurs écrit : "Merci aux historiens qui ont fait croire que l'origine des guerres étaient uniquement politiques et diplomatiques et liées aux nationalismes " Bernard Baruch (qui avait même impressionné un Trotsky!, c'est dire..) avait été nommé a l'économie de guerre par le Pdt Woodrow Wilson aux cotés de Paul Warburg ( l'un des createurs principaux de la "dite" Reserve Fédérale en 1913..) Quelques historiens (anglo-saxons..) ont pris le risque de parler de l'importance du monde bancaire et financier dans la nomination et le renversement des gouvernements ainsi que dans la conduite des conflits. . Un risque, en effet, car l'argent des universitês comme Chicago ou Harvard provenaient de banques comme la JP Morgan ou encore de la fondation Rockfeller..) En France oú ce n'était pas le cas, le sujet a été même moins abordé..
Enfin, il faut aussi se pencher sur l'aspect "spirituel" pour comprendre l'evolution de certaines dynasties ou gouvernements comme Gershom Sholem l'a magnifiquement étudié .. Pour conclure : depassons un peu les explications purement "diplomatico-militaires" pour aller un peu plus au fond des choses..

Author — Georges FOTIC